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Pièces d’occasion – les précautions à prendre

Interrogé sur les aspects pratiques de l’utilisation des pièces d'occasion par les réparateurs, Bernard Tourrette, expert automobile et président du SEI, livre son avis dans un reportage de la série « Plein phare » diffusé dimanche, 2 mai 2016, sur TF1.

« Bientôt des pièces d’occasion chez le garagiste? » s’intitule ce court reportage de TF1, qui retrace le parcours d’une idée qui a forgé son chemin dans l’esprit des autorités, en se métamorphosant en texte de loi.

Il y a un peu moins d’un an, le 15 mai 2015, l’Assemblée Nationale votait, en effet, l’amendement n° 798 à la loi sur la transition énergétique, qui oblige les réparateurs à proposer systématiquement de la pièce de réemploi : « Tout professionnel qui commercialise des prestations d’entretien ou de réparation de véhicules automobiles permet aux consommateurs d’opter pour l’utilisation, pour certaines catégories de pièces de rechange, de pièces issues de l’économie circulaire à la place de pièces neuves » indique le texte.

« C’est bon pour la planète et pour votre compte en banque » estime le journaliste, qui précise que les garagistes se fourniront principalement dans les casses, désormais rebaptisées « centre de véhicules hors d’usage ». « Le maître mot est « traçabilité » : (…) en un clic, on retrouve la marque, le modèle, le kilométrage, l’année, la date de prise en charge et toutes les caractéristiques », on nous apprend, images à l’appui.

Seulement, dans certains cas l’utilisation de pièces d’occasion pourrait comporter des risques. On donne la parole à Bernard Tourrette, expert automobile : « Alors les pièces d’occasion oui, pour tout ce qui est carrosserie, pièce d’habillage, qui ne concerne pas la sécurité. Pour les pièces mécaniques, on peut aussi, à partir du moment où ce ne sont pas des pièces de sécurité. Après, il y a toujours le problème, effectivement, de la qualité d’entretien de la pièce que l’on monte, qui est, généralement, inconnue ».  

Les pièces de sécurité devront être exclues. « Attention donc aux pneus, aux freins, aux suspensions », continue le journaliste. On se pose également la question de la garantie. Dans l’exemple présenté, le fournisseur de la pièce d’occasion (un moteur de Peugeot 308) offre une garantie d’un an pour le matériel, ainsi que pour le montage.

« Quelle sera la réaction des garagistes quand vous leur demanderez des pièces d’occasion, quelles garanties seront appliquées, quelles pièces seront concernées? » se demande, au final, le journaliste, car le décret d’application de l’amendement n’a pas encore vu le jour.